Comment mes hormones peuvent impacter ma cicatrisation ?

La cicatrisation est un processus complexe qui dépend de nombreux facteurs, et notamment de l’équilibre hormonal de l’organisme.1 Les hormones sont des messagers chimiques qui jouent un rôle crucial dans de nombreuses fonctions corporelles, y compris la manière dont le corps guérit après une blessure.2 Dans cet article, vous découvrirez comment les hormones peuvent influencer la cicatrisation et ce que cela signifie pour notre processus de guérison.

Qu’est-ce qu’on appelle « les hormones » et quels sont leurs rôles dans la cicatrisation ?

Les hormones sont des substances produites par les glandes de l’organisme. Elles circulent dans le corps et influencent le fonctionnement de nombreux organes. Elles agissent sur la croissance, le métabolisme, le sommeil, la reproduction et bien d’autres fonctions. Chaque hormone a des actions spécifiques et l’équilibre hormonal est capital pour maintenir un corps en bonne santé.2

Dans le processus de guérison de la peau, les hormones jouent un rôle essentiel : elles régulent les différentes étapes, par les messages qu’elles transportent.1

Des fluctuations hormonales peuvent survenir au cours de la vie et sont fréquentes notamment pendant la puberté, les cycles féminins, la grossesse et le vieillissement de l’organisme (ménopause, andropause). Elles peuvent entraîner des changements corporels visibles et invisibles. Il existe différents types d’hormones et leur influence sur la cicatrisation sera différente. Les hormones sexuelles sont le type d’hormones ayant fait l’objet du plus grand nombre de publications pour leur influence sur la cicatrisation.

Hormones féminines et cicatrisation

Les œstrogènes, hormones prédominantes chez les femmes, ont un impact significatif sur l’état de la peau et sur le processus de guérison. Ils favorisent la prolifération cellulaire, ce qui accélère la régénération de la peau et participent activement à la synthèse du collagène (protéine essentielle à la constitution de la peau).1 Ils agissent également sur le niveau d’hydratation de la peau. Naturellement, pendant le cycle menstruel ou pendant la ménopause, lorsque les niveaux d’œstrogènes sont plus bas, la cicatrisation sera plus lente et plus difficile. En revanche, pendant la grossesse par exemple, lorsque les niveaux d’œstrogènes sont élevés, la cicatrisation sera favorisée. 1 L’influence hormonale pro-cicatrisante des œstrogènes peut parfois dépasser les besoins de cicatrisation. Ainsi, il a été constaté, pendant la puberté ou la grossesse, un développement plus fréquent de cicatrices épaisses, appelées cicatrices hypertrophiques et chéloïdes. 3

Pour en savoir plus sur les cicatrices anormales consultez l’article « comment savoir si ma cicatrice est anormale ? ».

Hormones masculines et cicatrisation

La testostérone est l’hormone principale chez l’homme et est sécrétée en petite quantité par les femmes. Elle est impliquée dans la production de sébum, la couche grasse de la peau. Il a été montré qu’elle jouait un rôle dans le développement de pathologies dermatologiques, comme l’acné.4 Dans le processus de guérison, des études suggèrent que des niveaux plus élevés de testostérone sont associés à une cicatrisation plus rapide. Cependant, ici encore, des niveaux excessifs peuvent également entraîner des complications cicatricielles, soulignant l’importance de l’équilibre hormonal.4

Les autres hormones impliquées

Si les hormones sexuelles ont été largement étudiées, d’autres hormones jouent également un rôle dans la cicatrisation :

  •  Les hormones thyroïdiennes sont essentielles pour le métabolisme général du corps. Un bas niveau d’hormones thyroïdiennes, appelé hypothyroïdie, peut ralentir la cicatrisation. Les personnes atteintes de troubles thyroïdiens doivent en parler à leur médecin en cas de plaie, de blessure ou d’intervention chirurgicale. 5
  • La cortisol, produit par la glande surrénale, est aussi appelé « l’hormone du stress ». En cas de stress prolongé, le taux de cortisol qui circule dans l’organisme augmente, entrainant une inflammation plus marquée au niveau de la peau. Cela peut mener au développement de cicatrices hypertrophiques.6
  • L’hormone de croissance est naturellement présente dans l’organisme à tout âge, mais diminue au fur et à mesure que l’on vieillit. Son rôle qui est de stimuler la croissance et la reproduction des cellules est essentiel dans le processus de cicatrisation. Elle est impliquée dans la production du collagène et dans la synthèse et la migration des cellules de la peau saine pour recouvrir la plaie. 4

Comment optimiser la cicatrisation à travers l’équilibre hormonal

Les déséquilibres hormonaux peuvent avoir un impact significatif sur la santé de la peau et sur le potentiel de cicatrisation. Il est important de signaler à votre médecin tout trouble hormonal. Ce déséquilibre n’étant pas toujours traitable, il est recommandé dès le début du processus de guérison d’appliquer des soins réguliers sur votre cicatrice afin de favoriser une réparation rapide et normale.

Quelques conseils pour prendre soin de votre cicatrice7 :

  • Assurez-vous d’avoir une alimentation équilibrée et riche en nutriments : certains vitamines et minéraux sont essentiels pour la cicatrisation.
  • Maintenez un poids corporel sain, car l’obésité peut affecter négativement les hormones et la cicatrisation.
  • Gérez le stress par le biais de techniques de relaxation, d’exercices et de méditation.
  • Prenez soin de votre cicatrice en appliquant, dès que la plaie est bien fermée, des soins locaux à base de produits hydratants et émollients. Le gel de silicone est recommandé en traitement de première intention7.
  • Vous pouvez également masser votre cicatrice afin de prévenir les adhérences.

Pour connaitre la technique de massage, consultez cet article (lien)

La relation entre les hormones et la cicatrisation est complexe, mais elle peut permettre de mieux comprendre et d’optimiser le processus de guérison.

Références

  1. Horng HC, Chang WH, Yeh CC, Huang BS, Chang CP, Chen YJ, Tsui KH, Wang PH. Estrogen Effects on Wound Healing. Int J Mol Sci. 2017 Nov 3;18(11):2325.
  2. Johnson R. The role of hormones In the physiological processes of human body. American Journal of Physiology Biochemistry and Pharmacology, 2023 VOL 13, NO. 06, PAGE 01-02
  3. Ogawa R. Keloids and hypertrophics scars. UpToDate Janvier 2024. https://www.uptodate.com/contents/keloids-and-hypertrophic-scars consulté le 28/02/2024
  4. Demling RH. The role of anabolic hormones for wound healing in catabolic states. J Burns Wounds. 2005 Jan 17;4:e2. PMID: 16921407; PMCID: PMC1501119.
  5. Safer JD. Thyroid hormone and wound healing. J Thyroid Res. 2013;2013:124538. doi: 10.1155/2013/124538. Epub 2013 Mar 20. PMID: 23577275; PMCID: PMC3616354.
  6. Gethin G, Van Netten J, Probst S, Sobotka L, Touriany E. The impact of patient health and lifestyle factors on wound healing, Part 1: Stress, sleep, smoking, alcohol, common medications and illicit drug use. Journal of Wound Management Official journal of the European Wound Management.  Association. 2022 (23) 1.
  7. Monstrey S, Middelkoop E, Vranckx JJ, Bassetto F, Ziegler UE, Meaume S, Téot L. Updated scar management practical guidelines: non-invasive and invasive measures. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2014 Aug;67(8):1017-25.

KC/24/011/SI – Septembre 2024