Les cicatrices, témoins du processus de guérison de la peau, peuvent prendre toutes les formes et tailles en fonction de la blessure initiale.1 Au fil du temps, la plupart des cicatrices s’estompent progressivement, puis disparaissent. Définir ce qu’est une cicatrice normale ou anormale pour une personne est parfois difficile. L’aspect esthétique d’une cicatrice peut souvent être un sujet de préoccupation pour un patient, d’où l’importance de reconnaître un processus de cicatrisation anormale.1 Cet article a pour but de vous aider à reconnaître les signes d’une cicatrice anormale et à en comprendre la prise en charge.
Comment savoir si ma cicatrice est « normale » ou « anormale » ?
Après une blessure, le processus de cicatrisation est enclenché, permettant à la peau lésée de se recouvrir d’une nouvelle couche de peau saine. Dans les conditions normales, au bout d’environ un mois la cicatrice devrait être fine, plate, de couleur similaire à celle de la peau environnante, puis s’atténuer progressivement. Sa disparition complète peut prendre plusieurs années.1 Des facteurs externes et internes peuvent perturber le processus de cicatrisation et mener au développement d’une cicatrice anormale, également appelée « cicatrice pathologique ».1
Certains signes peuvent indiquer une cicatrisation anormale, et en cas de doute, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.
- Rougeur excessive : Lorsqu’une cicatrice se développe, elle peut apparaitre de couleur rosée à rougeâtre, mais la rougeur doit rapidement s’atténuer. Si la couleur d’une cicatrice s’intensifie et devient « rouge vif », cela peut indiquer une anomalie dans la cicatrisation.2
- Gonflement persistant : Bien qu’un gonflement initial soit normal, il devrait diminuer progressivement. Si votre cicatrice reste enflée ou semble augmenter de volume, cela peut montrer une inflammation excessive au niveau de la cicatrice.2
- Douleur, démangeaisons, sensibilité : Des démangeaisons intenses, une sensation de brûlure ou une douleur persistante peuvent être le signe d’une cicatrisation anormale.2
- Épaississement : Si votre cicatrice devient plus épaisse au lieu de s’aplatir avec le temps, on peut parler de cicatrisation « hypertrophique ».2
Les cicatrices anormales sont, la plupart du temps, sans danger. Mais elles peuvent être accompagnées de symptômes gênants (douleurs, démangeaisons) et surtout peuvent représenter une gêne esthétique pour la personne concernée.
Plusieurs types de cicatrices anormales existent. Elles peuvent ainsi être :
- Creuses (cicatrices atrophiques) ;
- Surélevées (hypertrophiques et chéloïdes) ;
- Contractées (après une brûlure notamment, avec une perte d’élasticité de la peau)1
Les anomalies les plus fréquentes sont les cicatrices chéloïdes et hypertrophiques.
Focus sur les cicatrices surélevées, hypertrophiques ou chéloïdes.
Ces deux types de cicatrisations dites anormales arrivent quand le processus de cicatrisation produit un excès de tissu cicatriciel. Si le mécanisme est commun, elles seront néanmoins différentes par leur aspect esthétique et leur évolution.1
Reconnaître une cicatrice hypertrophique :
En cas de cicatrice hypertrophique, l’épaississement reste limité à la zone initiale de la blessure et la peau est rouge et surélevée. Elle peut être reconnue à son aspect : la cicatrice est en relief, bombée, mais bien limitée, régulière et de couleur de peau normale. Elle peut disparaître spontanément en 12 à 18 mois.3
Reconnaître une cicatrice chéloïde :
Les cicatrices chéloïdes se caractérisent par une élévation au-dessus de la surface de la peau et une zone de la cicatrice qui va être plus étendue que la blessure initiale.4 Son aspect est caractéristique avec des prolongements en forme de pince de crabe.3 Les cicatrices chéloïdes peuvent être plus foncées que la peau environnante et provoquer des démangeaisons et des douleurs. 4 Elles ont une évolution qui peut durer plusieurs années.3
Que faire en cas de cicatrice anormale ?
En cas de doute sur une cicatrice, il est important de consulter un professionnel de santé, afin de la faire examiner et de mettre en place le traitement approprié si nécessaire.
La prise en charge des cicatrices anormales repose dans un premier temps sur la mise en place de traitements locaux sous forme de massage ou d’application.
Les traitements possibles sont :
- Traitements locaux : Des crèmes, des gels ou des pansements spécifiques peuvent aider à atténuer les symptômes et à améliorer l’apparence des cicatrices. L’application d’un gel de silicone est fréquemment recommandée en première intention.5
- Compression : afin de limiter le processus d’épaississement, une compression par pansement ou par vêtement compressif pourra être proposée.5
- Injections de corticostéroïdes : Dans le cas des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes, des injections de corticostéroïdes peuvent être administrées pour réduire l’inflammation et favoriser l’aplatissement de la cicatrice.
- Thérapie au laser : Les traitements au laser peuvent être utilisés pour atténuer et estomper les cicatrices.5
- Traitement chirurgical : Dans certains cas, une intervention chirurgicale pourra être proposée, en dernier recours, pour retirer une cicatrice hypertrophique ou chéloïde. 5
Conseils pour favoriser une cicatrisation optimale :
Afin de favoriser une bonne cicatrisation et de minimiser le risque de cicatrisation anormale, vous pouvez suivre ces conseils simples :
- Protégez votre cicatrice du soleil
- Maintenez la cicatrice propre et hydratée
- Évitez de gratter
Consultez toujours un professionnel de la santé pour obtenir des conseils personnalisés et un traitement approprié. En prenant soin de votre cicatrice dès le début, vous augmentez les chances d’obtenir un résultat esthétique optimal.
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- Petrou IG, Rüegg EM, Modarressi A, Pittet-Cuénod B. Traitement des chéloïdes: où en sommes-nous? [Keloid treatment : Where do we stand ?]. Rev Med Suisse. 2019 Jun 12;15(655):1213-1216. French. PMID: 31194295.
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KC/24/011/SI – Septembre 2024