Lorsqu’un enfant présente une cicatrice qui ne semble pas normale, cela peut susciter des inquiétudes et des questions chez ses parents.1 Les cicatrices sont l’aboutissement du processus naturel de guérison, mais certaines situations peuvent entraîner des cicatrices inhabituelles1. Cet article explore les causes possibles de cicatrices anormales chez les enfants et fournit des conseils sur la manière de les gérer.
Particularités de la cicatrisation chez l’enfant
La Société Française de Pédiatrie a décrit la cicatrisation chez l’enfant et ses anomalies possibles. Bien que le processus général de guérison ne soit pas différent de celui des adultes, le potentiel de croissance chez les enfants apporte tout de même certaines particularités à leur cicatrisation en fonction de leur âge.1 Il est recommandé de consulter un médecin en cas de doute concernant la cicatrice de votre enfant.
Pour les enfants de moins de 6 mois, les blessures et plaies sur les nourrissons guérissent très bien et leurs cicatrices évoluent généralement en moins d’un mois, ce qui est beaucoup plus rapide que chez les adultes, où cela peut prendre presque un an.1
Entre 6 mois à 2 ans, l’évolution d’une cicatrice chez un enfant est plus difficile à prévoir. 1 Entre 2 ans et la puberté les cicatrices des enfants ont une phase inflammatoire très importante. Celle-ci est susceptible de conduire au développement de cicatrices anormales, épaisses et surélevées, appelées cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes.1
Pour découvrir la différence entre une cicatrice hypertrophique et chéloïde, consultez notre article : Comment savoir si ma cicatrice est « anormale » ?
Facteur de risques des cicatrices anormales chez l’enfant.
Les cicatrices hypertrophiques et chéloïdes sont plus fréquentes chez les enfants que chez les adultes. En plus de l’âge, le risque de développer des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes peut être influencé par1 :
- La gravité initiale de la blessure : une plaie importante, une brûlure ou une plaie avec un corps étranger peuvent entraîner une inflammation plus importante, conduisant à des cicatrices anormales.
- Certains facteurs génétiques et notamment la couleur de peau : une peau plus pigmentée a un risque accru de cicatrices anormales.
- La zone du corps : les cicatrices hypertrophiques se développement plus fréquemment dans les régions de l’épaule, de l’oreille et du milieu du torse.
Que faire en cas de cicatrices anormales chez votre enfant ?
Une cicatrice dite normale, est fine, plate, blanche, souple, élastique et indolore 1.
Si la cicatrice de votre enfant semble devenir plus rouge, plus épaisse, plus gonflée ou s’il se plaint de douleur ou de démangeaisons2, consultez un professionnel de santé, afin de faire évaluer sa cicatrice et de mettre en place le traitement adapté.
Si les cicatrices hypertrophiques ont tendance à évoluer positivement au bout d’un à deux ans, les cicatrices chéloïdes prennent quant à elles généralement plus de temps à régresser. Le traitement est souvent plus long. 1
Le traitement des cicatrices pathologiques va reposer dans un premier temps sur des traitements locaux. 1 Un gel de silicone en application locale ou en massage est universellement recommandé pour ses effets bénéfiques à la fois sur les symptômes mais aussi sur l’apparence des cicatrices.3 Votre médecin pourra dans un second temps vous prescrire des traitements médicaux ou chirurgicaux en fonction l’évolution de la cicatrice.
Prévenir et aider la régression d’une cicatrice anormale chez l’enfant
Afin de prévenir le développement de cicatrices pathologiques ou de favoriser leur évolution positive, voici quelques conseils à appliquer avec votre enfant à la maison1,4:
- Gardez sa cicatrice hydratée : L’hydratation de la cicatrice peut contribuer à atténuer son apparence. Utilisez des produits hydratants et émollients, tels que le gel de silicone recommandé par les professionnels de santé, pour maintenir la zone hydratée. 3
- Masser sa cicatrice : Les massages doux de la cicatrice peuvent aider à prévenir la formation de tissu cicatriciel excessif. Masser régulièrement sa cicatrice avec un gel de silicone permettra de réduire le risque de cicatrices hypertrophiques. 3
- Évitez l’exposition au soleil : Une exposition excessive au soleil peut aggraver l’apparence des cicatrices. Assurez-vous que votre enfant n’expose pas sa cicatrice de façon prolongée au soleil et d’utiliser une protection solaire appropriée lorsqu’il est à l’extérieur. Certains gel de silicone sont formulés pour bénéficier d’un indice SPF.
Technique de massage d’une cicatrice :
- Commencez les massages une fois la peau totalement cicatrisée. Avant cela, privilégiez les applications douces de produit hydratant et émollient.
- Une fois la peau bien cicatrisée, réalisez des massages 2 à 3 fois par jour pendant 10 minutes maximum à chaque fois.
- Appliquez une légère pression et faites des mouvements de haut en bas, d’un côté à l’autre et des mouvements circulaires sur l’ensemble de la cicatrice.
- Ce massage peut être réalisé avec un gel de silicone et être fait par l’adulte ou appris à l’enfant, selon son âge.
La gestion d’une cicatrice anormale chez un enfant nécessite une prise en charge adaptée et rapidement mise en place. Il est essentiel de prendre des mesures dès que possible pour minimiser l’apparence de la cicatrice et éviter d’éventuelles complications. La prévention est un élément clé pour limiter l’apparition de cicatrices anormales chez les enfants. N’oubliez pas que chaque cicatrice est unique, et le plan de traitement doit être adapté à la situation spécifique de votre enfant.
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- Deker M. Cicatrisation normale et pathologique. Publié le 14 décembre 2021- site dermatologie pratique. Consulté le 21/02/23- https://www.dermatologie-pratique.com/journal/article/009299-cicatrisation-normale-pathologique
- Monstrey S, Middelkoop E, Vranckx JJ, Bassetto F, Ziegler UE, Meaume S, Téot L. Updated scar management practical guidelines: non-invasive and invasive measures. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2014 Aug;67(8):1017-25
- Managing your scar. NHS University Hospitals Sussex, NHS foundation trust. Information for patients and carers. https://www.uhsussex.nhs.uk/wp-content/uploads/2022/09/Managing-your-scar.pdf consulté le 22/02/24.
KC/24/011/SI – Septembre 2024